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C’est aux descendantes d’Ève que Marc Boilard fait la leçon cette fois.
Le sujet est devenu la manne des comiques de tous poils, des disciples de Freud et des autres adeptes de psycho pop. On tente de codifier leur fonctionnement comme d’autres ont cherché le Saint-Graal…
Mais en 2004, reste-t-il encore de la virginité sur le terrain des relations de couple ? « Si tout a été dit, peut-on m’expliquer pourquoi ça ne fonctionne toujours pas ? » lance d’emblée Marc Boilard.
Il a fait sa marque en tant que macho fini, aussi narcissique que playboy. Dans des émissions comme Je regarde, moi non plus et Testostérone, il prodiguait des conseils à la gent masculine pour embobiner la prise parfaite, préférablement jeune, sans enfant et dotée de gros seins. Il y a deux ans, il a même immortalisé ses techniques de cruise dans un bouquin : Le Code Boilard du vrai gars.
Mais voilà que le gourou de la séduction change son fusil d’épaule… Exit l’indécrottable dragueur, monsieur est devenu féministe ! Dans une nouvelle conférence accompagnée d’un second livre, c’est aux descendantes d’Ève qu’il fait la leçon.
« Avant aussi je m’adressais aux filles, précise Boilard. Les faire enrager, c’est une façon de leur parler ! »
Marc Boilard en a eu marre Après un certain temps, Marc Boilard en a eu marre de jouer les mauvais garçons. Son rôle, les téléspectatrices se plaisaient à le détester. Mais l’humoriste a vite connu la rançon de la gloire. Ils sont nombreux à avoir pris le macho de Testostérone au premier degré.
« Il y avait un prix à payer pour la reconnaissance, laisse-t-il tomber. Avant longtemps, j’ai reçu des menaces du genre : “Si je te vois, je te casse la gueule” ! »
Un accueil qui a forcément eu à voir avec son état de cruiseur défroqué... Mais Boilard estime qu’il avait exploité le personnage de macho au maximum.
D’ailleurs, il affirme ne plus rien avoir à dire aux gars. « Enseigner la drague, ce n’était qu’une niaiserie. La problématique des couples repose sur les filles dont la personnalité est plus complexe. Ce sont elles qui sont capables de se mesurer au challenge. »
La preuve selon Boilard que les femmes disposent de plus de pouvoir en amour : « Cruiser, pour une fille, c’est manifester de l’intérêt… Ce sont les gars qui doivent se taper le travail. »
Pour l’humoriste-conférencier — lui-même ne sait pas dans quel lit se coucher —, vulgariser la drague n’aurait en fait été qu’un moyen d’attirer l’attention. « Je me vois un peu comme un lutteur. Pour être connu vite, c’est mieux de commencer comme un méchant… Après, il est toujours temps de faire un revirement ! », explique-t-il en rigolant.
C’est que les stratégies de marketing, M. Boilard commence à les connaître. Après des études en droit, il a cumulé les fonctions de professeur à l’École nationale de l’humour en gestion de carrière et de gérant des pitres Anthony Kavanagh, François Morency, Jean-Michel Anctil et Maxim Martin.
Féministe À travers ses 38 ans d’existence, Marc Boilard a passé le plus clair de son temps sous les traits d’un célibataire endurci. Comment justifie-t-il son expertise en matière de relations homme-femme ?
« C’est plus un essai qu’une démarche scientifique, concède-t-il. Je n’affirme pas détenir la vérité. Mais de toutes façons, il est possible de tirer des conclusions par observation. Einstein n’a jamais voyagé à la vitesse de la lumière, ce qui ne l’a pas empêché de découvrir la théorie de la relativité. »
Élevé au milieu de deux sœurs qui se seraient battues dès sa naissance pour lui donner ses repas (! ), le macho repenti a toujours apprécié la présence des filles. « Je connais leurs histoires heureuses ou pathétiques. Ça m’a permis de constater les erreurs qu’elles font. Les femmes sont du genre à penser que plus elles donnent, plus elles recevront… Non ! Ce n’est pas vrai ! »
Un examen qui a poussé celui surnommé « M » depuis ses études universitaires à écrire une nouvelle page au féminisme, une doctrine qui, selon lui, comporte ses lacunes. « C’est une théorie qui a été essentielle et bénéfique, bien qu’elle ait eu des dommages collatéraux, analyse-t-il avec sérieux. Le problème, c’est qu’on s’est toujours attaqué à des facteurs extérieurs aux filles. »
Selon le plus masculin des suffragettes modernes, le dernier round à disputer est celui des attitudes et des aspirations. « L’un des effets pervers du féminisme se situe au niveau de l’éducation, déplore Boilard. Tout ce qu’on dit aux filles, c’est : “Fais-toi pas fourrer !” » Selon le conférencier, c’est uniquement sur leurs désirs que les femmes devraient s’interroger. « Est-ce que ça me tente ou non, c’est ça la seule question ! »
Par son nouveau spectacle-conférence Moi, si j’étais une fille, M promet du rire et aussi de la réflexion. Le but à atteindre : redonner confiance aux femmes, les rendre plus heureuses et, qui sait, peut-être provoquer une nouvelle révolution sexuelle… « Ce sera nécessaire, sinon vous continuerez à ramasser les bas sales des gars encore longtemps ! » prévient-il.
Geneviève Bouchard, Le Soleil
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